Fédération PCF de Haute-Marne (52)

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Commémoration du centenaire de l'assassinat de Jean Jaurès dans plusieurs villes de haute-marne.

Photographies des différentes commémorations sous le texte de Gérard Mattera.

 

 

http://images.telerama.fr/medias/2013/07/media_100090/1913-jean-jaures-a-l-assemblee-nationale-la-guerre-et-l-impot,M116166.jpgQuel aurait été le destin de la France si Jean  Jaurès  n’avait  pas disparu  le 31 juillet  1914,  il  y  a  cent  ans  aujourd’hui ?

Depuis  ce  jour,  son  spectre  hante notre histoire.

Jean  JAURES  fut  assassiné  par  Raoul  Villain,  ce  proche  des  milieux monarchistes  et  d’extrême-droite  qui  voulait  tuer  celui  qui  s’opposait  avec  force au déchaînement de la guerre et de ses atrocités.  Il a  voulu et a tué celui qui était l’espoir d’un règlement pacifique du conflit, conflit  qui allait être l’un des plus meurtriers du vingtième siècle.

 

 

Jean  Jaurès aujourd’hui est pour nous le symbole de la lutte contre la guerre, contre  les  guerres.  Il  serait  le  premier  à  dénoncer  ouvertement  le  silence complice  de  la  diplomatie  française,  des  grands  dirigeants  de  l’Union Européenne  et  du  monde  face  aux  crimes  de  guerre  commis  par  le gouvernement Netanyahou envers la population dans la bande de Gaza.

 

Il  est  aussi  celui  qui  s’empara  de  la  question  sociale  pour   faire  de  la République le régime de tous par tous, le socialisme.

 

Et pourtant, cela n’était pas si évident car  Jean  Jaurès aurait pu avoir un tout autre destin.  Il  est né en 1859  à  Castres  dans  une  famille  de  la  petite  bourgeoisie,  quelque  peu déclassée par un retour à la terre. Mais il disposait d’appuis et de soutiens dans les milieux républicains ;  élève brillant, il intègre l’école normale supérieure, il est le meilleur de sa génération et est promis à un brillant avenir au sein de l’élite républicaine.

 

En 1885, il est élu député à 26 ans, le plus jeune de la Chambre ;  ses premiers engagements le sont aux  cotés  de Jules Ferry et des républicains modérés, il est  alors  moins  à  gauche  que  Clémenceau  qui  par  exemple  condamne  la colonisation.

 

Mais Jaurès est  un républicain sincère qui croit à la Raison  (avec un grand R), qui  cherche  à  analyser  les  événements.  Il  va  les  vivre  et  les  affronter  avec courage. En  1892,  il  est  scandalisé  quand  le  propriétaire  de  la  mine  de  Carmaux  veut renvoyer un de ses ouvriers qui a été élu maire de  cette commune  contre son gendre.  Jaurès  se  lance  dans  cette  grande  campagne  de  mobilisation  pour obtenir  la  réintégration  de  Jean-Baptiste  CALVIGNAC,  fait  le  lien  avec  Paris, intervient  dans  la  presse  et  gagne.

 

Dans  le  prolongement  de  cette  affaire,  il gagne l’élection législative partielle qui suit immédiatement. Ce  fut le premier affrontement de classe pour cet enfant de la République.  Il  est à nouveau élu lors des nouvelles élections générales de 1893.

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A partir de cette date, il s’engage de plus en plus dans le camp du socialisme et  de  la  classe  ouvrière,  il  démultiplie  son  activité  journalistique,  est  présent partout pour soutenir la cause de ceux qui travaillent. C’est ainsi qu’en 1896, il soutient  les  verriers  d’Albi  et  apporte  tout  son  soutien  à  la  création  de  leur coopérative.

 

Mais  il  est  aussi  l’homme  de  la  lutte  contre  toutes  les  injustices. 

 

En  1898,  il s’engage  dans  la  défense  de  Dreyfus  accusé  et  condamné  parce  que  juif. Jaurès ne fut pas le  premier de ses soutiens et a cru c omme beaucoup à sa culpabilité, mais devant les faits il s’engage à fond  et intervient à l’Assemblée.

C’est  lui  qui  relancera  plus  tard  la  mobilisation  pour  obtenir  l’annulation  du jugement  car  il  ne  voulait  pas  se  contenter  d’une  grâce  octroyée  d’en  haut.« Je ne vous oublierai pas avait-t-il dit à Dreyfus », il tint une nouvelle fois sa promesse.

C’est à propos de l’affaire Dreyfus et de la place que devait tenir la campagne de  mobilisation  dans  l’action  des  socialistes  que  Jaurès  débat  avec  Jules Guesde,  l’autre  grand  dirigeant  socialiste  de  l’époque. 

 

Fallait -il  que  les socialistes  s’engagent  dans  la  défense  de  ce  Dreyfus  issu  des  mil ieux bourgeois et militaires ou fallait-il donner la priorité seulement à la question sociale ? Pour Jaurès, le socialisme  était l’accomplissement de la justice, il ne fallait  donc  accepter  aucune  injustice.  Malgré  leurs  désaccords  et  sous  les auspices  de  l’Internationale  socialiste,  Guesde  et  Jaurès  engageront l’unification de tous les courants socialistes pour créer la SFIO  en 1905.

 

Il est aussi un des principaux artisans de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat et quoi qu’on en dise parfois,   fonde aujourd’hui notre vivre ensemble. 

 

Il sut là trouver la voie d’un compromis mais d’un compromis de progrès, une loi qui permette à tous de se retrouver dans le respect de la liberté de conscience et de la neutralité de l’état  en matière religieuse.

 

Oui Jaurès avait le sens du compromis mais à l’inverse de ce que l’on peut entendre dans la voix de nos gouvernants,  ce  n’était  pas  pour  accepter  ou  faire  accepter  des  régressions sociales  mais  bien  pour  changer  la  société  avec  toujours  cette  visée progressiste chevillée au corps.

 

En  1910,  il  œuvre  ainsi  pour  les  retraites  ouvrières  premiers  pas  vers  une sécurité sociale.  S’il n’a  jamais participé au pouvoir il a toujours pensé que les révolutionnaires  devaient  prendre  toute  leur  responsabilité  mais  à  condition d’aller vers du mieux et non pour accepter les pires reculs au nom du réalisme et de l’impuissance politique. Ces réformes,  il  les rattache donc à un horizon car  pour  lui  ce  sont  des  réformes  révolutionnaires  qui  préparent  et introduisent  même  au  sein  du  capitalisme,  des  formes  de  socialisme,  de communisme.

 

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Et  quand  Jaurès  perd  des  élections,  il  n’en  rabat  pas  pour  gagner  la  fois d’après.  C’est  un  homme  de  convictions  et  ce  sont  elles  qui  fondent  son engagement.Mais Jaurès n’est pas qu’un parlementaire, il est aussi un journaliste de plus en plus  engagé  de  la  Dépêche  du  midi  en  passant  par  la  petite  République jusqu’à l’Humanité qu’il fonde en 1904. L’Humanité, son journal, notre journal  qu’il veut socialiste et indépendant et qui lui permettra d’intervenir dans tous les débats et surtout ceux de la paix et de la guerre.

 

Alors suffirait-il aujourd’hui de revenir à Jaurès ?

 

Observons  d’abord  qu’à  gauche,  ils  ne  sont  plus  très  nombreux  ceux  qui  au parti socialiste s’en réclament.

 

Le Président et le premier ministre n’en font pas leur  principale  référence,  Valls  lui  préférant  Clémenceau  mais  le  Clémenceau de la répression antisociale et du jusqu’au-boutisme guerrier.

 

Pour les communistes, Jaurès reste une référence majeure : Nous  y  voyons  d’abord  la  morale  en  politique  quand  celle-ci  est  souvent disqualifiée  aux  yeux  de  nos  concitoyens  par  les  affaires quelles  soient Cahuzac, Sarkozy ou autres…..

  • Nous y voyons le combattant pour la paix quand la guerre redevient le moyen d’assurer les intérêts impérialistes dans le monde,  que ce soit en  Ukraine,  en Palestine ou ailleurs…
  • Nous  y  voyons  le  champion  de  la  justice  sociale  alors  qu’aujourd’hui  toute réforme  est  symbole  de  régression  sociale  tel  le  pacte  de  responsabilité,  les retraites, la protection sociale, entre autres…
  • Nous y voyons le journaliste méticuleux, celui  des grandes causes,  qui a fondé notre indispensable journal : l’Humanité.
  • Nous  y  voyons  le  militant  de  chaque  instant  allant  jusqu’à  mourir  pour  ses idées.

 

 

Alors  bien  sûr,  le  monde  d’aujourd’hui  n’est  plus  celui  de  Jean  Jaurès.  Mais nous avons besoin d’inscrire le combat pour l’émancipation humaine dans un récit  et  ce  récit  passe  par  la  mémoire  ineffaçable  de  Jean  Jaurès.  Il  fut l'honneur  de  la  gauche,  l’honneur  du  socialisme  et  au  moment  où  ces  mots deviennent  des  gros  mots,  il  faut  les  répéter  sans  relâche.  Nous  les communistes,  nous  en  sommes  les  continuateurs,  pas  que  de  Jaurès évidemment mais de Jean Jaurès aussi.Honneur et postérité à Jean JAURES, aujourd’hui et demain !

 

Texte écrit et lu par Gérard Mattera, secrétaire fédéral de la fédération PCF de Haute-Marne.

 

Photographies prises par JPC,  photographe fédéral de première catégorie.

 

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